Cette affaire débute le 20 mai 1993 où un joueur de l’équipe de Valenciennes affirme qu’on lui a proposé une somme d’argent en échange d’un jeu « modéré » de sa part, afin de laisser la victoire aux Marseillais. Le 10 février 1994, Bernard Tapie, alors président du club, est mis en examen pour subornation et corruption de témoins. Le 15 mai 1995, Il est condamné à 2 ans de prison dont un ferme.
Je vous propose 3 articles et quelques vidéos pour mieux comprendre cette affaire.

15 ans du procès OM-VA : retour sur l’affaire

Par Nicolas Montard • le 18 mars 2010 •

L’événement du mois de mars 1995. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? La Présidentielle approchant à grands pas ? Certes, mais en cette fin d’hiver 95, une autre actualité faisait la Une. Le procès faisant suite à la tentative de corruption du match entre Valenciennes et l’Olympique de Marseille en 1993. A travers différents reportages vidéos piochés dans les archives de l’INA, retour  sur une affaire qui touchera aussi de plein fouet Béthune, avec le député-maire Jacques Mellick, l’homme qui roulait plus vite que son ombre.

1993 : L’OM champion d’Europe, Jacques Glassmann lâche le morceau, l’affaire OM/VA devient le feuilleton de l’été

Les amateurs de foot s’en souviennent encore. En mai 1993, l’Olympique de Marseille réussit l’exploit : remporter la Coupe des  Clubs Champions face au mythique Milan AC. Une première pour l’Hexagone et une fête sans précédent dans les rues de la cité phocéenne. Une fête qui cache l’inquiétude après les révélations de Jacques Glassmann, joueur de Valenciennes, quelques jours auparavant. Celui-ci accuse en effet le club marseillais de tentative de corruption lors du match VA-OM comptant pour le championnat de France. Sur la vidéo, les dirigeants marseillais démentent bien évidemment. Et menacent d’attaquer Valenciennes en justice. Sauf qu’une fois la liesse de la Coupe d’europe passée, l’affaire OM/VA devient petit à petit le feuilleton de l’été. Rapidement, des joueurs de Valenciennes sont impliqués (Christophe Robert et Jorge Burruchaga), tout comme le Marseillais Jean-Jacques Eydelie. 250 000 francs seront retrouvés dans le jardin de la tante de Christophe Robert (à comparer avec les salaires actuels des footballeurs). Jean-Pierre Bernès, directeur général de l’OM est aussi impliqué. Mais quid de  Bernard Tapie, l’alors omniprésent président de l’OM ? Boro Primorac, entraîneur de Valenciennes,  assure que Tapie lui a proposé de porter le chapeau. Ce que le bouillant député  dément : le 17 juin, il était avec Jacques Mellick, le député-maire de Béthune, dans son bureau parisien. Le Béthunois confirme. Sauf que les heures ne collent pas, l’homme politique nordiste étant identifié sur une photo à Béthune une petite heure, voire une demi-heure, plus tard ou plus tôt… Ou en même temps, mais bref, dans un laps de temps matériellement impossible pour faire la route Paris-Béthune…

jacques mellick béthune

Jacques Mellick, alors député maire de Béthune, sert d'alibi à Bernard Tapie

A partir de mars 95 : l’heure des procès, Tapie condamné, Mellick démasqué

Mars 95, il y a quinze ans. L’heure du procès a sonné à Valenciennes. L’occasion pour les médias de faire de l’audience avec une affaire qui fait toujours grand bruit. Dans le tribunal, on retrouve les principaux protagonistes. A la fin du procès, les joueurs impliqués sont condamnés comme Bernard Tapie qui fait appel. La décision sera confirmée. Jacques Mellick est partie prenante dans le dossier et c’est au cours de ces journées d’audience que son attachée parlementaire, Corinne Crajewski, vendra la mèche : elle n’a jamais assisté à la prétendue rencontre parisienne avec Bernard Tapie. Et Jacques Mellick aurait fait pression sur elle… L’ex-maire le plus rapide de France ne peut plus nier…  Et c’est cela qui le conduit de nouveau devant le tribunal où l’on reconnaît entre autres l’un de nos avocats stars, Dupond-Moretti. Cette fois, l’élu avoue le faux témoignage. Il sera condamné et inéligible pendant quelques années.

Années 2 000 : Jacques Mellick en rigole, le VAFC retrouve l’élite

Voilà, c’est fini. Tout le monde a payé sa dette à la société. Bernard Tapie retournera même à l’OM comme directeur sportif une courte saison au début des années 2000. Jacques Mellick, lui, décide de s’expliquer sur toute cette affaire dans un livre intitulé… Excès de vitesse. Il est reçu sur le plateau de Thierry Ardisson. Et rigole désormais de cette affaire en plaidant sa bonne foi. Tapie possédait à l’époque l’entreprise Testut à Béthune et trois cents emplois dépendaient de son témoignage. Une campagne médiatique en forme de rédemption : l’homme sera réélu à la mairie de Béthune en 2002. Et pendant ce temps, Valenciennes ? Le VAFC aura payé cher l’affaire. De rétrogradation en rétrogradation, le club atteindra la CFA avant de remonter la pente dans les années 2000.  En 2006, c’est l’accession en Ligue 1. Treize ans après le début de l’affaire OM/VA. Quant à Jacques Glassmann, qui restera l’homme par qui le scandale est arrivé, il a été sifflé dans les stades lors de la saison qui a suivi le début de l’affaire, mais a reçu le Grand Prix international du fair-play de la Fifa. Aujourd’hui, aux dernières nouvelles, il s’occupe de la reconversion de joueurs professionnels.

Dailynord

OM-VA, l’affaire qui a flingué le foot français

Henri Frey , le 18/07/2008

Dans les années 1990, Marseille dominait le football français et européen. Son président Bernard Tapie aura fait du club phocéen une référence. Avant une erreur fatale. Petit retour quinze ans en arrière.

Il est des anniversaires dont on se passerait volontiers. Autant la victoire de Marseille en Ligue des champions en 1993 reste un événement mémorable pour tout supporter français, autant les quinze ans de la tristement célèbre affaire OM-VA viennent gâcher la seule C1 remportée par un club français en plus de cinquante ans. Souvenir.

jean pierre bernes

Jean Pierre Bernès, ancien directeur général de l'OM

Foot, magouilles et Coupe d’Europe

L’arrivée de Bernard Tapie à la présidence de l’Olympique de Marseille coïncide avec une période extrêmement faste pour le club phocéen. Quatre titres de champion de France, le doublé Coupe-Championnat en 1989 et une crainte inspirée à tous les grands d’Europe. Mais la trop grande envie de gagner du président marseillais va conduire le club à sa perte. En déplacement à Valenciennes pour la trente-septième journée, le 20 mai 1993, six jours avant d’affronter le Milan AC en finale de la Coupe d’Europe, l’OM l’emporte 1-0 (but d’Alen Boksic) dans un match a priori anodin.

Quelques jours plus tard, le scandale éclate. Jacques Glassmann, libéro valenciennois, déclare avoir été approché par son ancien coéquipier Jean-Jacques Eydelie, désormais à Marseille, qui lui aurait proposé une somme d’argent pour lever le pied lors de cette rencontre. Les dirigeants phocéens ont également contacté Jorge Burruchaga et Christophe Robert. Lors de l’enquête, 250 000 francs (environ 38 000 euros) sont retrouvés enterrés dans le jardin d’une tante de ce dernier, qui ne peut alors qu’avouer les faits. Cette somme paraît bien dérisoire au regard de l’argent que brasse le football aujourd’hui.

La tentative de corruption est avérée, et les coupables, condamnés. Jean-Pierre Bernès, Jean-Jacques Eydelie, Christophe Robert, Jorge Burruchaga et Marie-Christine Robert sont condamnés à de la prison avec sursis et à des amendes allant de 5 000 à 15 000 francs. Bernard Tapie est quant à lui condamné après appel à deux ans de prison, dont seize mois avec sursis, 20 000 francs d’amende et trois ans d’inéligibilité. La justice estime que la motivation des Marseillais résidait dans le fait de ne pas voir leurs joueurs blessés avant la finale de Coupe d’Europe. Tapie est condamné en grande partie pour subornation de témoin manifeste. L’OM, de son côté, sera relégué en division 2 un an plus tard. Depuis, le club n’a plus rien gagné, malgré deux finales de Coupe de France et deux finales de Coupe de l’UEFA

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Jacques Glassmann, origine de l'affaire VA-OM

VA-OM, les secrets du match à scandale

Par Renaud Leblond,  le 21/10/1993

«Surtout, on n’en parle pas aux gonzesses!» avait recommandé Burruchaga à ses coéquipiers de Valenciennes. Traumatisé, Glassmann a appelé Audrey. Il lui a raconté par le menu comment un certain Bernès leur avait proposé de lever le pied face à l’OM. La suite? Un incroyable roman dont L’Express raconte ici les chapitres les plus inattendus.

Et si tout ça était la faute de Bobby: l’affaire VA-OM, les nuits blanches du juge Beffy, les soucis de Bernard Tapie…? Bobby n’a jamais vu un match de foot de sa vie. Il a peur des stades et de la foule. Mais il est le beau-frère d’Audrey. Et Audrey, c’est la compagne de Jacques Glassmann, le défenseur valenciennois, l’homme par qui le scandale arrivera.
La veille du match, le mercredi 19 mai 1993, vers 22 heures, Bobby est au coeur du coup de fil passé par Glassmann à sa petite amie.

Lui: «C’est une histoire de dingues! Je ne sais plus quoi faire. Si je ne parle pas, je vais me maudire. Si je parle, personne ne me croira.» Elle: «Tu n’as pas le choix. Si tu ne dis rien, ça se retournera contre toi. – T’es marrante! Tu te rends compte de ce que tu me demandes? C’est énorme, ce truc… – Et Bobby, tu y as pensé? Pour une fois qu’il vient au stade, tu vas pas jouer un match truqué!

Une heure plus tôt, dans l’hôtel des Valenciennois, Glassmann, Robert et Burruchaga, trois pièces maîtresses de l’équipe, ont été contactés par un interlocuteur se présentant au téléphone comme étant Jean-Pierre Bernès, le manager général de l’Olympique de Marseille. Il leur propose un marché: 200 000 francs chacun s’ils laissent filer le match. Glassmann est KO. Anéanti par le cynisme de la proposition. Ecoeuré par la désinvolture de ses deux coéquipiers, qui sont prêts à accepter l’offre. Taraudé, surtout, par l’attitude qu’il doit adopter. A l’issue de la conversation, Jorge Burruchaga, la star argentine de l’USVA, s’est tourné vers lui: «Surtout, on n’en parle pas aux gonzesses…» Bien vu. Si Glassmann n’avait pas appelé Audrey, il ne serait peut-être jamais sorti de son silence. Mais le coup de sang de sa compagne, la venue de Bobby au match l’ont convaincu. Dès lors, sa décision est prise: il parlera.

Cette nuit-là, dans la chambre qu’il partage avec le joueur Thierry Fernier, Glassmann ne trouve pas le sommeil. Il déambule, fume cigarette sur cigarette. Le lendemain, lors de la traditionnelle mise en jambes d’avant match, il observe Robert et Burruchaga, qui s’entraînent avec une évidente bonne humeur. Lui se tient à l’écart, derrière les buts. Il rumine. Persuadé que les deux autres sont allés chercher l’argent. Tandis que l’équipe est déjà rentrée au vestiaire, l’entraîneur, Boro Primorac, l’aperçoit, prostré, à l’autre extrémité du terrain: «Oh! Jacques, tu fais la gueule? Bah! Marseille, c’est costaud, mais t’en as vu d’autres, hein?…» Ce n’est qu’au bar de l’hôtel, une heure plus tard, que Glassmann parvient à se libérer de son fardeau. En tête à tête avec son entraîneur. Primorac prévient alors ses dirigeants. Dans la foulée, Michel Coencas, le président valenciennois, se rue dans la chambre de Christophe Robert. Mais celui-ci nie en bloc les affirmations de Glassmann. Fou de colère, Coencas menace: «Si tu me baratines, je te tire une balle dans le genou…»

Le ton est donné. Celui d’une affaire dévoilée à la presse dès la fin du match (1-0 pour l’OM) et qui explosera avec l’annonce de l’ouverture d’une information judiciaire, à l’issue du triomphe des Marseillais en coupe d’Europe. Les raisons d’une telle déflagration? La gravité des accusations, d’abord: jusque-là, seuls les sceptiques imaginaient qu’on pouvait tenter d’acheter des joueurs. Mais aussi la personnalité du principal intéressé: Bernard Tapie, responsable, en tant que président de l’Olympique de Marseille, des actes de son club et, par ailleurs, candidat – forcément irréprochable – aux plus hautes charges publiques.

Le député de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et ancien ministre de la Ville ne s’y trompe pas. A peine la justice est-elle saisie par la Ligue nationale de football qu’il monte à l’assaut des médias. Sur le mode «Ce dossier est totalement bidon!». Quant à Jacques Glassmann, il n’est, selon lui, que l’instrument d’un vaste complot…

Bien qu’il ne soit toujours pas directement visé par l’instruction – et que, excepté un listing téléphonique, aucun élément à charge ne soit porté à sa connaissance – le président de l’OM va commettre une première bévue. Il demande à son avocat valenciennois, Francis Debacker, de lui arranger un rendez-vous avec le juge Beffy. En vain. Aussi, Tapie tente sa chance avec le procureur de la République, Eric de Montgolfier, dont le rôle est primordial: c’est lui qui apprécie l’opportunité des poursuites. Intrigué, ce dernier décide d’accepter l’ouverture, «par simple curiosité sociologique». L’avocat précise que Tapie souhaite que la rencontre soit discrète. Il suggère même qu’elle se déroule dans son cabinet. Eric de Montgolfier repense alors à un précédent. Ou plutôt à un scandale: celui qu’avait suscité, l’année passée, la visite de Franck Terrier (à l’époque directeur des Affaires criminelles à la chancellerie) dans le bureau du ministre de la Ville… Bernard Tapie. Lequel, on s’en souvient, était en position d’accusé dans l’affaire Toshiba. Du coup, le procureur se montre inflexible: l’entretien aura lieu dans son bureau, le 23 juin, après 20 heures…

Au deuxième étage du tribunal, le face-à-face ne manque pas de piment. Tout sépare, en effet, les deux hommes. D’un côté, le président de l’OM, hâbleur et en perpétuelle quête de reconnaissance. De l’autre, un magistrat à la fois posé et intransigeant, qui exècre par-dessus tout la familiarité. Le premier a choisi le foot comme marchepied; le second ignore totalement ce qu’est un poteau de corner. Résultat: un monologue interminable de Tapie. Son but: prouver au magistrat que le foot est un monde trop complexe et trop méchant pour qu’il s’y retrouve. Bernès? «Il pouvait, tout au plus, faire des promesses, mais certainement pas les tenir.» Glassmann? «Un joueur sans avenir. Commandité par d’autres. Et qui a dû disjoncter pour que son club ne descende pas en division 2, où il ne vaudrait plus rien.» L’entreprise de démolition durera ainsi plus de deux heures. Pour finir en queue de poisson…
«Vous ne m’avez pas convaincu, soupire le procureur en raccompagnant son hôte. – Je le vois bien!» rétorque sèchement Bernard Tapie.

boro primorac entraineur valenciennes

Boro Primorac, l'entraineur de Valenciennes de 1992 à 1993

L’AMI NOËL
Il ne croit pas si bien voir. Car Eric de Montgolfier a eu soin de ne pas lui raconter sa journée. Une journée décisive, qui
a débuté par la visite impromptue de Boro Primorac. Dans un français approximatif (il est d’origine yougoslave), le coach est venu lui révéler un étrange remue-ménage: il y a juste une semaine, affirme-t-il, un restaurateur corse, dénommé «M. Noël», l’a conduit chez Bernard Tapie, après un déjeuner au Fouquet’s. Le président de l’OM lui a alors proposé de l’aider à sortir Bernès du pétrin en échange de quelques générosités. Comment? En suivant les bons conseils de son ami Noël, en qui il a toute confiance (voir encadré page 85). Et Primorac d’ajouter: «Tapie m’a salué en me lançant: ?Bien sûr, on ne s’est jamais vus… »»

Et s’il n’y avait que ça… Mais ce 23 juin, juste avant la venue du président de l’OM, le procureur a aussi appris que l’attaquant valenciennois, Christophe Robert, était passé aux aveux. Et quels aveux! «Ma femme a rencontré Jean-Jacques Eydelie [un joueur de l’OM] à l’extérieur du Novotel, le 19 mai, vers 22 heures. Eydelie lui a remis l’argent, contenu dans une enveloppe. (…) Ce n’est que le lendemain qu’elle m’a montré l’enveloppe, qu’elle avait posée dans un placard de la salle de bains. J’ai touché l’enveloppe, mais je ne l’ai jamais ouverte. C’est ma femme qui a compté. (…) Nous avons par la suite mis cette enveloppe dans la cuisine. Je l’ai emportée dans un sac en plastique quand je suis descendu, en voiture, à Nantes, puis à Périgueux. Je ne savais plus quoi faire de cette enveloppe, et je l’ai finalement dissimulée chez ma tante.» Robert ajoute alors: «Je sais où elle est, et je suis prêt à vous y conduire.»
Le lendemain, les inspecteurs du SRPJ de Lille déterrent 250 000 francs derrière la cabane d’un jardinet…

Non seulement la corruption se confirme, mais les manoeuvres du président de l’OM deviennent soudain suspectes. Bernard Tapie joue alors son va-tout. Le 27 juin, il envoie Eydelie à Valenciennes, dans un jet de l’OM spécialement affrété pour l’occasion. Objectif: nier en bloc. Et anticiper l’action de la justice. Mais, tandis que le joueur demande audience au juge Beffy, ce dernier ordonne au SRPJ de Lille de l’arrêter et de le placer en garde à vue. Deux jours plus tard, il est écroué. Les policiers partent alors à la recherche de son épouse, qui a pris la fuite. Localisée, elle est entendue. De nouveau, c’est une femme qui va relancer l’enquête: «Le lendemain du match, finit-elle par expliquer, Jean-Jacques était soucieux. Il m’a confié que Bernès lui avait demandé d’appeler Christophe Robert afin de trouver un arrangement pour le match USVA-OM. Il a ajouté que, dans la soirée précédant le match, il avait remis, toujours à la demande de Bernès, une enveloppe à Marie Robert, qui était venue le voir à l’hôtel où il logeait. Jean-Jacques m’a même précisé le contenu de l’enveloppe, mais je m’en doutais.» Dans sa cellule, lorsque Jean-Jacques Eydelie apprend cette audition, il craque à son tour… et écrit au juge.

« CONTRAT MORAL »

Cette fois, Bernard Tapie accuse le coup. Jamais, en effet, il n’aurait imaginé que son joueur pût changer de camp. Eydelie, un dur à cuire! Un proche du «patron», qui ne ratait pas un séjour sur son yacht, le «Phocéa». Un joueur au statut précaire, aussi: il appartient à l’OM en vertu d’un engagement non signé et encore moins homologué par la Ligue, qui avait jugé ses clauses inadmissibles. Depuis février dernier, Jean-Jacques vit d’avances (600 000 francs touchés entre février et juin). «Un contrat moral entre lui et nous», expliquera Bernès aux policiers de Lille venus l’interroger à Marseille. Quelques jours avant ce revirement, Tapie avait d’ailleurs cru balayer toute l’affaire en livrant à «Paris Match» un scénario clef en main: l’argent retrouvé chez Robert? Un prêt d’Eydelie pour aider son ancien coéquipier à ouvrir un restaurant. Bien joué. Mais caduc…

Le président de l’OM décide alors d’opérer une diversion. En exploitant à fond l’enquête du juge Beffy sur le seul volet qui l’accuse directement: la tentative de subornation de témoin révélée par Boro Primorac. Pour Tapie, le but est clair: faire oublier le principal dossier de corruption et focaliser l’attention des médias. En lançant des pistes, par exemple. En direction de la presse? Pas seulement: ainsi, le 6 juillet, lors d’une confrontation avec l’entraîneur valenciennois, Bernard Tapie offre-t-il ses services au juge. Pour l’aider à identifier le fameux «M. Noël» – l’homme qui aurait conduit Primorac dans son bureau parisien de l’avenue de Friedland: «Je connais, dit-il, une personne qui pourrait correspondre au signalement que vient d’établir M. Primorac, avec lequel il a déjeuné au Fouquet’s. Il s’agit d’un ami du secrétaire du groupe Energie Sud, au conseil régional Paca (…) Je pense l’avoir rencontré, il y a quelques semaines, à propos du transfert d’un joueur. (…)» Et de conclure: «Je suis disposé, pour vous aider dans votre instruction, à vous communiquer, le plus rapidement possible, le patronyme du Noël dont je vous ai parlé.»

Tapie auxiliaire de justice: du grand art! D’autant que, dans la foulée, voici qu’il annonce réserver une énorme surprise: un alibi qui détruira à 100% les accusations de Primorac. Tapie jure en effet que, à l’heure où l’entraîneur affirme l’avoir rencontré (le 17 juin, à 15 heures), il était en rendez-vous avec un haut personnage de la République. La France entière retient son souffle. Pendant plus de trois semaines. Avant de découvrir, stupéfaite, l’identité du sauveur: Jacques Mellick, lui aussi député et ancien ministre…

UN CLUB AU SOLEIL

Du coup, comme prévu, le «feuilleton de l’été» rebondit. Mais, cette fois, loin des stades de football et du match VA-OM. Loin, surtout, des aveux d’Eydelie et des billets saisis. Les projecteurs sont désormais uniquement braqués sur cet homme que rien ne lie à la tentative de corruption. Et qui, pendant plus de deux mois, va se débattre dans les filets tendus par le juge Bernard Beffy. Triste sort pour ce cacique socialiste, récemment acculé à revoir sa position: à 15 heures, finira-t-il par déclarer sur procès-verbal, il avait déjà quitté le bureau de Bernard Tapie…

A Valenciennes, il y a bien longtemps que l’affaire VA-OM n’est plus vraiment celle de Jacques Glassmann. Fervent catholique, passionné de courses de chevaux, insensible à la gloriole des footballeurs – il a joué son premier match pro, à 16 ans, en coupe d’Europe, et n’en tire aucune vanité – cet Alsacien strict et discret subit avec fatalisme les retombées de ses révélations. Insulté sur tous les terrains de France, dans le Nord comme dans le Sud. Traité de «balance», de «tocard», de «fossoyeur de l’OM», il fait face. Le récent «certificat de bonne conduite», délivré à son sujet par Bernard Tapie – «Glassmann est le seul, avec Bernès, à n’avoir jamais changé de version» – le dériderait presque. Car le président de l’OM a bel et bien tout tenté pour le disqualifier. «J’accepterai que Glassmann donne des leçons de morale le jour où il expliquera comment il parvient à jouer aux courses plus d’argent qu’il n’en gagne», affirmait encore Tapie le mois dernier. Avant d’ajouter: «Qui sait? Il a peut-être touché une prime pour jouer les M. Propre.» La patronne du PMU local, elle, se souvient des étranges allées et venues de clients aussi curieux qu’éphémères: «Je ne les ai jamais revus. Mais ils semblaient s’intéresser plus à la fréquence et au montant des paris de Jacques qu’aux résultats du dernier quinté…»

Etranger au tumulte médiatique, Jacques Glassmann se réfugie désormais dans la quiétude de longs tête-à-tête avec sa compagne: «T’inquiète pas, Audrey, c’est bientôt terminé. Je suis en fin de contrat: l’an prochain, on quitte la France. Je me trouve un club au soleil. A la Martinique ou à la Guadeloupe. Et les Etats-Unis, ça te dit?»

jean jacques Eydelie

Jean-Jacques Eydelie, ancien joueur de l'OM, condamné pour "corruption active"

CE QU’A ÉCRIT EYDELIE
(numéro d’écrou 19719) au juge Bernard Beffy, le 10 juillet 1993, à 15 h 30.
«J’aime ma femme, mes enfants et aussi le football, qui était ma raison de vivre depuis mon adolescence. A la demande de M. Bernès, j’avoue avoir téléphoné, la veille du match, au
domicile de Christophe Robert en lui
précisant d’être dans sa chambre à 21 heures, car un dirigeant marseillais voulait lui faire une proposition pour notre rencontre du 20 mai 1993.
Toujours à sa demande, je me suis rendu dans la chambre de M. Bernès et j’ai alors, comme il m’a ensuite invité à le faire, téléphoné à l’hôtel où logeait Christophe Robert. J’ai été le témoin de la conversation que M. Bernès a eue, après que je lui ai passé le combiné, avec les différents protagonistes de l’affaire. A la fin de cette conversation, il m’a demandé de retourner dans ma chambre et d’attendre le coup de fil qui me fixerait un rendez-vous, et de revenir alors dans sa chambre le prévenir. Ce que j’ai fait! Ensuite, j’ai reçu effectivement un appel de Marie Robert, qui m’a dit qu’elle viendrait elle-même sur le parking du Novotel, dans
vingt-cinq minutes environ. Je me suis rendu immédiatement dans la chambre de M. Bernès. Je lui ai fait part de cet appel et il m’a demandé de revenir dans un quart d’heure. Quand je suis revenu, il m’a alors remis une enveloppe de couleur marron que je suis allé porter à Marie Robert sur le parking du Novotel.
Voilà, Monsieur le Juge, l’exactitude des faits de cette affaire que je tiens à vous révéler, à vous ainsi qu’à Me Herzog, en qui j’ai toute confiance. Je demande à Me Herzog de vous joindre dès maintenant afin que vous acceptiez de me recevoir pour confirmer les termes de ma lettre.»

CE QU’A DIT PRIMORAC, l’entraîneur valenciennois, au procureur de la République, le 23 juin, à 16 h 50.

Après avoir raconté le déjeuner au Fouquet’s, le 17 juin, à l’invitation d’un restaurateur corse, M. Noël, puis leur visite à Bernard Tapie, avenue de Friedland – durant laquelle le président de l’OM lui a affirmé qu’il pouvait faire toute confiance audit Noël – Boro Primorac déclare: «Nous sommes repartis avec M. Noël. Nous avons marché et, à quelques mètres, peut-être à 100 ou 200 mètres du bureau de Tapie, nous sommes allés dans celui de Noël, au 2e ou 3e étage d’un immeuble ancien avec de grands plafonds. La secrétaire était maigre, d’une vingtaine d’années environ. Il m’a reparlé des problèmes OM-USVA, me demandant de lui rendre un petit service, précisant qu’il fallait dire au juge d’instruction que
Bernès m’avait appelé à l’hôtel, que j’avais décroché et que, aussitôt que celui-ci s’était présenté, j’avais raccroché. En contrepartie, il me trouverait un club et me donnerait 300 000 à 500 000 francs. Il devait me rappeler le lendemain, ce qu’il a fait à 10 h 30 à Valenciennes. Il a dit: ?C’est Noël, tu viens à Paris? ? J’ai dit: ?Non! ? Et j’ai raccroché…»

CE QU’A AVOUÉ BURRUCHAGA

le 1er juillet 1993.

«Le samedi ou dimanche suivant le match (…), Christophe Robert m’a demandé de passer chez lui pour appeler Tapie (…). Christophe m’a dit que c’était Jean-Jacques
Eydelie qui lui avait donné le numéro personnel de Bernard Tapie. Il a ajouté qu’il l’avait déjà appelé et que Tapie lui avait conseillé de tout nier, et que cela se passerait bien (…). J’ai décidé d’appeler Tapie. Je lui ai confié que j’étais mal à l’aise, que j’avais déjà tout avoué à Jean-Louis Borloo et que j’avais l’intention de tout avouer aux joueurs de l’USVA. Tapie m’a répondu: ?Si tu nies, c’est bien; si tu dis la vérité, on va vous casser, Robert et toi.? Je n’ai pas très bien compris le sens de cette phrase, car il a ajouté: ?Faites comme vous voulez! ? (…)»

lexpress

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Voici un tchat publié dans Laprovence.com. Marc Fratani, ancien attaché parlementaire de Bernard Tapie, répond à quelques questions des internautes:

LaProvence.comBonjour à toutes et tous. Dans quelques instants, le début de notre tchat avec Marc Fratani. A vos questions !

LaProvence.comMarc Fratani est arrivé dans nos locaux, il est prêt à répondre à vos questions.

Marc FrataniBonjour à tous, je suis très heureux de répondre à vos questions pendant une heure. A vous !

pontiBonjour, nous payons encore aujourd’hui les frais de cette affaire. Adulé 1 jour, descendu le lendemain, nous avons tout connu. Mais pourquoi parler 16 ans après ?

Marc FrataniL’affaire VA-OM a débuté le 20 mai 1993. Jean-Pierre Bernès a porté son accusation contre Tapie le 13 juin, le premier jour du procès, à Valenciennes. C’est ce jour-là que j’ai acquis la certitude que Bernès mentait : je l’explique avec précision dans mon livre. J’ai donc pris la décision de chercher à comprendre pourquoi il mentait et dans quel but. Pour cela, j’ai donc entrepris une enquête personnelle. Elle a été très longue car je ne disposais pas des moyens de la police et de la justice. J’ai rencontré au fil des ans énormément de personnes, plus le temps s’écoulait, plus j’arrivais à avoir des réponses plus précises à mes questions. Quand j’ai une vision exhaustive de l’ensemble des événements, je me suis décidé à écrire. On était alors en 2005.

toma06Bonjour,Mr Fratani pensez vous que l’affaire VA-OM à etait monté de toute part par les cadres du RPR pour eliminer Tapie de la course à la mairie de Marseille,est ainsi ouvrir une voie royale à Gaudin?

Marc FrataniL’affaire VA-OM a été utilisée pour deux objectifs : le premier, éliminer Bernard Tapie du le domaine sportif. C’était la volonté des dirigeants du football français (Noël le Gret et Jean Fournet-Fayard). Cette volonté s’est exprimée par des prises de sanctions sportives accablantes pour l’Olympique de Marseille avant que la justice que Noël le Gret avait lui même sollicitée ne se prononce sur la plainte qui avait été déposée. Un an après le début de l’affaire VA-OM (20 mai 1993), le 12 juin 1994 les élections européennes ont montré que Bernard Tapie allait être élu maire de Marseille. A partir de ce jour-là, les hommes politiques marseillais (Jean-Claude Gaudin, Robert Vigouroux, Lucien Weygand) qui avaient l’intention de se présenter à cette élection ont compris que leurs chances étaient réduites à néant. J’explique précisément dans mon livre ce qu’ils ont entrepris pour barrer la route de la mairie à Bernard Tapie à l’élection municipale qui devait avoir lieu au mois de juin 1995.

grouchomarxN’y-a-t-il pas un peu de paranoïa de la part de Tapie ? Le pape n’a-t-il pas aussi tenté de déstabiliser Tapie ? Clinton peut-être aussi ?
Vous nous ressortez pas la même soupe de à la sauce victimisation, par hasard ?
Tapie ne s’est-il pas tout simplement planté ?

Marc FrataniIl n’y a aucune paranoïa de la part de Bernard Tapie dans la mesure où il n’est pas l’auteur du livre et dans la mesure où il ne m’a jamais demandé de l’écrire. Pour lui, l’affaire VA-OM c’est du passé, quand je l’ai informé que mon intention était de faire un livre, il m’a dit qu’il ne voyait pas la nécessité de rappeler ce passé. Toutefois, il m’a dit d’agir comme j’avais envie de le faire.

tyzonVous souhaitez rendre le titre de champion de france 92-93 à L’ OM, mais les joueurs de l’OM 92-93 soutiennent ils votre démarche ?
Je pense notamment à Di méco, qui a toujours été très indépendant vis à vis de Tapie ?

Marc FrataniLes joueurs de l’OM ne soutiennent pas ma démarche mais ils l’ont anticipée à l’initiative d’Eric Di Meco. Ils vont donc ensemble prochainement, dans les jours qui viennent, faire une démarche officielle auprès des instances du football afin que le titre qui leur a été injustement retiré, soit restitué à l’Olympique de Marseille. J’explique dans mon livre pourquoi il est faux de dire que le match VA-OM a été un match arrangé ou truqué car l’initiative de la corruption entreprise par Jean-Pierre Bernès a été dénoncée avant le début de la rencontre opposant les deux équipes. Il était donc impensable que des joueurs de Valenciennes aient pu prendre le risque durant le match d’avoir un comportement ambigu.

L’ensemble des joueurs de l’OM qui durant la saison 92-93 ont lutté pour l’obtention de ce titre ont donc été injustement sanctionnés. D’où leur initiative.

gerardOM13Mr Fratani est ce que l’affaire VA-OM et toutes les histoires louches qu’il y a depuis, ont un rapport avec le milieu comme je le pense

Marc FrataniBen tu te trompes ! Il n’y a jamais eu de relations entre l’Olympique de Marseille et le milieu sous les présidences de Bernard Tapie. Bien-sûr, certaines personnes appartenant à ce milieu ont sans doute été un jour ou l’autre des supporters de l’OM. Toutefois, les relations entre le milieu et l’OM sont un fantasme bien marseillais.

zoomeo31Certes, le mot d’ordre était « liquidons Tapie! » mais l’image de l’OM n’aurait-elle pas été un peu meilleure aujourd’hui si les dirigeants de l’époque avaient reconnu clairement les faits plutôt que de nier envers et contre tout? Encore aujourd’hui, bon nombre de supporteurs de l’OM restent dans le déni. Un franc mea culpa aurait permis de tirer un trait sur le passé et repartir de l’avant.

Marc FrataniIl n’y avait aucune raison de la part de Bernard Tapie de faire son mea culpa dans la mesure où il n’a jamais été l’initiateur de la tentative de corruption. Par contre, Jean-Pierre Bernès a été à l’origine d’une corruption juridiquement établie, dans la mesure où il a fait remettre de l’argent contre une demande précise. De plus, j’affirme avec précision dans mon livre que si le 19 mai 1993, quand Jean-Pierre Bernès a proposé à Jacques Glassmann de le corrompre, celui-ci aurait dû refuser la corruption et instantanément informer ses dirigeants de la tentative de corruption. Il n’y aurait par conséquent jamais eu d’affaire VA-OM, ni de sanctions sportives prises contre le club. C’était donc à eux de s’excuser !

francescoli13002quel menteur vois faites …c’est scandaleux …personne n’est dupe …on connait tous la veritable personnalité de bernard tapie ….vous me faites rire …vous allez vendre 2000 exemplaires tout au plus ….comme je l avais prevu c’est burlesque ce tchat ….

Marc FrataniVous semblez connaître la personnalité de Bernard Tapie, certainement à partir de ce que vous avez lu ou entendu. Je doute que vous l’ayez connu personnellement. Dans tous les cas, quelque puisse être sa personnalité, lorsqu’il a été jugé dans l’affaire VA-OM, il aurait été nécessaire de se cantonner au domaine du droit pour relaxer Bernard Tapie. Visiblement ça n’a pas été le cas, puisqu’il a été condamné sans l’ombre d’une preuve et seulement sur la dénonciation d’un co-inculpé (Jean-Pierre Bernès) qui était lui-même accusé par six personnes.

D’autre part, mon intention n’est pas de réaliser un record de vente mais de simplement faire connaître mon point de vue. Il est de votre droit de considérer ce tchat comme burlesque, comme il est de mon droit de considérer que vos affirmations sont fantaisistes.

francescoli13002quand on lu le livre de JJ eydelie , il est difficile de croire que tapie est blanc comme neige ? qu ‘en pensez vous de son livre?

Marc FrataniJean-Jacques Eydelie, dans son livre que j’ai lu, n’a jamais accusé Bernard Tapie d’avoir été un corrupteur. Il a d’ailleurs déclaré dans ce même livre : « Bernard Tapie n’a jamais été au courant de la corruption, je ne lui ai jamais dit la vérité ». Lorsque, lors du procès de Valenciennes, le président du tribunal lui a demandé « est-ce que Jean-Pierre Bernès vous a dit : Tapie m’a donné des ordres », Jean-Jacques Eydelie a répondu jamais. Il a de même confirmé dans son livre qu’aucun dirigeant de l’Olympique de Marseille n’avait été à l’origine de la corruption. Et que seul Jean-Pierre Bernès en avait été le maître d’œuvre.

jolechinoisM. Fratani, Bernard Tapie peut-il revenir une nouvelle fois à l’OM ?
Suit-il toujours les résultats du club ? A-t-il toujours des rapports avec RLD ?
Peut-on imaginer qu’il réinvestisse dans le football prochainement ?

Marc FrataniBernard Tapie suit avec régularité les matches de l’Olympique de Marseille. C’est un des premiers supporters du club. Il n’envisage pas un retour à l’OM, surtout si l’on considère que Robert Louis-Dreyfus a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de partir. Quant à ses projets dans le football, il ne m’en a pas parlé.

francescoli13002jean pierre bernes dis de tapie qu il contrôlait tout …pensez vous que tapie à donner l’ordre à ses hommes de mains d’arranger le match VA-OM?

Marc FrataniBernard Tapie n’a jamais demandé à Jean-Pierre Bernès d’arranger le match. Il a par contre recommandé qu’une relation soit établie avec des joueurs de Valenciennes avant le match afin que six jours avant la finale de la coupe d’Europe, les valenciennois n’aient pas un comportement anti-sportif qui entraîne des blessures pour certains joueurs marseillais. Blessures qui auraient pu les empêcher de disputer la finale de la coupe d’Europe. Il a fait cela car il avait en mémoire ce qu’il s’était passé pour l’AS Saint-Etienne lors de la finale de la coupe d’Europe du 12 mai 1976, où trois joueurs internationaux du club (Dominique Rocheteau, Christian Synaeghel et Gérard Faraison) n’avaient pu disputer la finale à la suite de blessures intervenues lors d’un match contre Nîmes quelques jours avant.

Bernard Tapie n’a jamais eu l’intention de corrompre.

tyzonPuisque tapie ne reviendra plus à l’OM, qu’on lui organise son jubilé, il jouera stoppeur et on mettra Collard avant centre en face !

Marc FrataniSi cela devait être le cas, Gilbert Collard a beaucoup de soucis à se faire. Je ne pense pas qu’il termine la rencontre.

jklJean-pierre Bernès a t-il intenté des actions en justice contre votre livre?

Marc FrataniPlusieurs journalistes ont interrogé Jean-Pierre Bernès pour savoir s’il avait quelque chose à déclarer par rapport à ce que j’affirme dans le livre. Il leur a répondu que pour lui la page était tournée, malgré les graves accusations que je porte contre lui. La page a été également tournée par l’Olympique de Marseille et Bernard Tapie mais pas dans le même sens, dans la mesure où ils ont été sévèrement sanctionnés et condamnés alors que Jean-Pierre Bernès continue une activité lucrative dans le football malgré ses condamnations. Mais c’est un juste retour des choses dans la mesure où ces accusations ont permis d’éliminer Bernard Tapie de la scène sportive et politique, ce qui a valu à Jean-Pierre Bernès reconnaissance et indulgence.

celticboy26Bonjour mr Fratani les pratiques que faisaient bernard tapie dans le football (corruption de match ou influence sur les arbitres) étaient elle des pratiques courantes dans le milieux du foot;et si oui existe elle toujours a votre avis car je pense que monsieur Aulas a ces pratiques

Marc FrataniIl y a peut-être eu des pratiques de corruption dans le foot, je ne peux en apporter aucune preuve. Donc je ne porterai aucune affirmation. On a accusé Bernard Tapie d’avoir acheté des matches de football alors que l’OM avait gagné 5 fois le titre de champion de France. Qu’est-ce qu’on pourrait dire aujourd’hui de Jean-Michel Aulas dans la mesure où Lyon l’a remporté à 7 reprises consécutives. Les déclarations d’Alain Perrin après le match Lyon – Saint-Etienne du 1er février 2009 : « Nous nous sommes fait voler et vous savez par qui. C’est bon d’avoir un président qui met la pression sur les arbitres. » Il parlait visiblement de Jean-Michel Aulas (dont il était l’entraîneur la saison dernière). Ces déclarations peuvent faire naître des doutes.

ludodemarsPourquoi vous en prendre a Mr BERNES ne serait-ce pas de la jalousie car lui a réussi sa reconvertion et pas vous? Si vous étiez un vrai marseillais jamais vous n’auriez fait un livre en accusant comme ca Mr BERNES ou n’importe qui, pourquoi parler maintenat et pas l’avoir fait il y a 16 ans?

Marc FrataniJ’ai 64 ans. J’ai mis pour la première fois le pied au stade Vélodrome à l’âge de 14 ans. Je suis donc un supporter de l’OM depuis un demi-siècle. Jean-Pierre Bernès était le directeur général de l’Olympique de Marseille, par son attitude le club qui venait de gagner la coupe d’Europe, qui était le premier club de football à l’indice européen et qui avait les possibilités de devenir champion du monde des clubs a été broyé et rétrogradé en deuxième division à cause des initiatives de Jean-Pierre Bernès. Il porte une responsabilité écrasante sur la déconfiture qui a touché le club. Effectivement, cela ne l’empêche pas aujourd’hui d’avoir des activités importantes à l’Olympique de Marseille accompagné par un cortège de commissions extravagantes. Il a bien réussi, tant mieux pour lui. Je pense quant à moi que cet individu devrait être une persona non grata au stade Vélodrome et que l’accès du stade lors des matches de l’OM devrait lui être interdit. Ce serait un juste retour des choses. Quant à moi, malgré ma proximité avec Bernard Tapie durant de longues années, je n’ai jamais vécu en parasite sur le dos de l’Olympique de Marseille et aujourd’hui je suis à la retraite.

cechpourquoi Bernes travaille sans crainte aujourd’hui comme agent de joueur en plus alors que ç’est le pilier de cette affaire?

Marc FrataniLa loi du sport de 1984 stipule dans un de ses articles : « nul ne peut obtenir une licence d’agent s’il a été le sujet d’une condamnation judiciaire. »
Malgré cela, Jean-Pierre Bernès, qui a été condamné dans l’affaire VA-OM en 1993 et dans l’affaire des comptes de l’OM en 1997 à des peines de prison avec sursis, a obtenu sa carte d’agent de joueurs de la part de Claude Simonet et Noël le Gret en 1999. Ces décisions ont été la conséquence de sa trahison qui a permis d’éliminer Bernard Tapie du football.

tyzonPour vous est ce Bernes ou Collard qui porte la plus grosse responsabilite dans cette affaire

Marc Fratani Ceux qui portent la plus grande responsabilité dans l’affaire VA-OM sont Jacques Glassmann, qui non seulement a accepté d’être un corrompu mais a dénoncé un acte de corruption qu’il aurait pu éviter. Jean-Pierre Bernès et Gilbert Collard ont été les responsables de la condamnation de Bernard Tapie. L’objectif était de lui barrer la route de la mairie de Marseille. Une déclaration de Gilbert Collard en date du 8 novembre 1994 le jour où il a déclaré officiellement être le nouvel avocat de Jean-Pierre Bernès en atteste. Il a déclaré au sujet de Bernard Tapie : « c’est une escroquerie sociale, une chimère permanente représentant une menace sérieuse s’il parvenait à se faire élire à la mairie de Marseille, de « napolisation » du grand port provençal ». Dès le premier jour il précisait donc l’objectif de sa mission.

djezerPourquoi Arséne Wenger s’est directement melé à cette histoire OM-VA en tant que rassembleur de temoins contre l’OM ? Est ce vrai et quels etaient ses intérêts ?

Marc FrataniDès son arrivée dans le football, Bernard Tapie est entré en concurrence avec l’AS Monaco. La raison était la suivante : Jean-Louis Campora avait convaincu Jean-Pierre Papin de venir jouer dans la Principauté, Bernard Tapie lui a grillé la politesse et a fait signer comme on le sait le joueur à l’OM. Lorsqu’Arsène Wenger est devenu l’entraîneur de l’AS Monaco, il n’a jamais supporté que son club soit régulièrement battu par l’OM, il a donc accusé Bernard Tapie d’acheter les matches. Bien entendu, sans la moindre preuve. Arsène Wenger a d’ailleurs eu une attitude identique en Angleterre où il a accusé Sir Alex Ferguson et José Mourinho de tous les maux, il est vrai qu’ils ne lui ont pas permis également de remporter de nombreux titres. Arsène Wenger a rédigé la préface du livre d’Emmanuel Petit qui a déclaré que dans le football français, tous les clubs de première division couraient 100 m alors que l’OM, qui était avantagé par les dirigeants du foot et les arbitres, n’en courait que 80. C’est une déclaration très étonnante quand on considère les avantages qui existent d’être un joueur de la Principauté de Monaco, avec ses avantages pécuniers pour les joueurs évoluant dans ce paradis fiscal et les relations très étroites entre son président de l’époque, Jean-Louis Campora, les instances du football et les arbitres. Je pense donc que c’était plutôt l’AS Monaco qui ne courait que 80 m, ce qui n’a jamais empêché l’OM d’être champion de France pendant 5 saisons consécutives.

jklPourquoi Tapie a t-il organisé le retour triomphal de Bernès au stade vélodrome à l’issue de sa garde à vue??? Pourquoi lui a t-il fait faire un tour d’honneur et l’a fait ovationner par tout le stade??? Pourquoi??? Si ce n’était pour le féliciter de n’avoir pas parlé????????????????????????????

Marc FrataniBernard Tapie n’a jamais organisé de tour d’honneur pour Jean-Pierre Bernès au stade Vélodrome. C’est Jean-Pierre Bernès lui-même qui venait d’être libéré de prison qui a décidé de faire une démonstration à l’image d’un empereur romain. Il a fait le tour de la pelouse devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs présents, en envoyant par intermittence, des baisers à la foule (j’ai d’ailleurs dans mon livre reproduit la photo de la démonstration de Jean-Pierre Bernès). J’étais à côté de Bernard Tapie lors de cette pitoyable démonstration, il m’a dit la chose suivante : « Dix jours de prison l’ont rendu fou. »

Vous étiez donc involontairement dans l’erreur.

LaProvence.com Ce tchat est terminé. Exceptionnellement nous l’avons prolongé pour faire face aux très nombreuses questions que nous avons reçues. Nous vous remercions de votre participation et merci à Monsieur Fratani de nous avoir accordé de son temps. Rendez-vous bientôt sur LaProvence.com pour un nouveau tchat !

Marc FrataniLes organisateurs du tchat de LaProvence.com viennent de m’informer que d’une part il était temps de mettre un terme à nos discussion, ce que je regrette, ils m’ont également informé qu’il s’agissait d’un très bon tchat étant donné le nombre de questions. Je regrette de devoir y mettre un terme, si vous estimez que l’opération peut être reconduite, adressez-vous aux responsables de La Provence. En attendant, je vous conseille d’acheter mon livre, ou de vous le faire prêter, vous y découvrirez beaucoup de choses intéressantes et inédites qui sont toutes fondées.

Et allez l’OM !

http://www.laprovence.com/tchat/tchat-qui-voulait-la-peau-de-tapie

http://www.bernard-tapie-news.fr/biographie/football-om-ligue-champions/
http://www.bernard-tapie-news.fr/biographie/affaire-adidas/
http://www.bernard-tapie-news.fr/biographie/carriere-dans-le-sport/